Définition du « Deep listening »
Le « deep listening », c’est une écoute en profondeur, pour tester le degré de réalisme sonore d’un système, en entrant dans l’œuvre et dans son interprétation, dans l’enregistrement et la restitution, afin de pouvoir réaliser un test d’écoute réaliste et éclairé.
Partant du principe que la haute fidélité c’est, comme son nom l’indique, de retrouver à la reproduction, le même son, le même ressenti qu’au concert ou au studio, sans aucune altération, sans rien retirer (compression) ni rien rajouter (coloration).
Les yeux fermés, on doit vraiment ressentir la présence des musiciens devant soi, entendre strictement la même chose qu’en live : Notamment respect des timbres de chaque instrument et de la voix, de l’harmonie, de la scène sonore et de la profondeur de champ avec un positionnement précis de chaque instrument dans l’orchestre.
Le matériel doit totalement s’effacer, seul l’interprète, l’orchestre, les musiciens doivent être présents et parfaitement positionnés.
A l’écoute devant un système, les yeux fermés, on doit parfaitement pouvoir localiser la position de chaque instrument dans l’orchestre classique ou symphonique, comme au concert.
Outre le positionnement individuel et la perception précise de chaque instrument dans la masse orchestrale, reconnaitre l’ensemble cohérent oeuvre/partition/interprétation comme en live.
Pré-requis au « Deep Listening »
Le « deep listening » exige tout d’abord de bien connaitre les oeuvres et les interprétations choisies pour les tests d’écoute.
C’est la raison pour laquelle je procède toujours avec une large playlist bien définie, bien connue et variée :
Jazz instrumental et vocal, de la petite formation au big band, pop, rock, musiques du monde, classique symphonique, musique de chambre, opéra, musique sacrée, etc, comme décrit plus bas.
Afin de garder toujours une référence, d’aller écouter régulièrement au concert les oeuvres choisies, les interprètes, les musiciens, les orchestres, mais aussi les salles :
Grand symphonique avec double choeur, ici celle de la Scala de Milan à la Philharmonie de Paris
Cadre intimiste de club de jazz : Le Bal Blomet à Paris

Orchestre de chambre à la Salle Rouge à Porto Veccio (Corse du Sud)

Autant de salles, de tailles de formation avec une reproduction naturelle qui font des écoutes radicalement différentes.
A la Philharmonie de Paris, la conopée étant mobile, son positionnement est règlé en fonction de l’orchestre. Le plus haut possible avec une grande formation et le plus bas possible pour un soliste
Le concert puis les écoutes permettent également de bien identifier les timbres
Avec l’habitude et notamment des écoutes répétées, on reconnaitra tout de suite le son de la trompette ou du bugle, puis plus précisément celle de Miles Davis, de Chet Baker ou aujourd’hui de Paolo Fresu, Enrico Rava, Ibrahim Maalouf ou la star actuelle de la scène de jazz Tokyoite, TOKU (ici au bugle) de passage à Paris lors d’un concert au Bal Blomet avec Giovanni Mirabassi et Sarah Lancman.
Le concert permet de savoir à quel niveau sonore émet l’instrument ou l’orchestre quand on est assis au 4e rang par exemple.
Pour la trompette, des pointes à 90 db représentent un niveau réaliste.
Et l’analogie proposée par mon sonomètre iPhone avec une moto peut faire sourire mais en démontre la banalité dans la vie quotidienne.

Mon sonomètre sur mon iPhone ne me quitte jamais au concert ou chez moi pour mesurer au mieux le niveau sonore réel
Ci-dessous nous sommes à 79.7 en crête (peak) et 73.6 en continu (average) pour un concert de musique de chambre
Puis, en allant plus loin, on reconnaîtra la prise de son, la salle.
Qui ne reconnait pas à la première note Diana Krall ou avant elle Nina Simone ?
Mais plus encore leur souffle, les accents rauques, voire les gémissements et les bruits de pied de Keith Jarrett en concert.
En classique bien entendu on reconnaît Pavarotti ou La Callas à la première note ou Rortropovitch au premier coup d’archet.
Pour la voix particulièrement le type, le timbre, la puissance …
Pour l’instrument, sa personnalité, pour le piano le toucher et dans ce domaine, à force de l’écouter, celui fougueux de Khatia Buniatishvili est tout aussi reconnaissable que celui de Martha Argerich.
Sur les grands ensembles symphoniques ou l’opéra connaitre la partition est indispensable, car on est totalement consacré à l’écoute attentive et on sait à quel moment il faut être concentré pour anticiper l’arrivée d’un tutti, un coup de timbale, l’intervention discrète de la harpe, ou les notes les plus graves du pédalier.
Ceci permet en plus lors d’écoutes collectives de préparer l’auditoire à anticiper pour bien écouter le rarissime coup de marteau de la 6e symphonie de Mahler, la trompette hors fosse de la 5e ou encore le 32 pieds de l’orgue de la 3e symphonie de Saint Saëns.
Là aussi lors de la composition des playlists, il faut bien choisir la version et notamment l’instrument, car de nombreuses interprétations ont été enregistrées avec des orgues ne possédant pas le tuyau (soubasse) capable d’émettre le 32 pieds (16 hertz).
Ceci me permet d’ouvrir une première parenthèse sur les fréquences audibles.
Sur le papier, un individu jeune entend du 20 au 20.000 Hz.
Oui, mais :
Le 32 pieds de l’orgue à 16 hertz est parfaitement audible et plus encore ressenti.
Et au-dessus de 20.000 Hz, il y a les harmoniques supérieures (multiples entiers de la fondamentale) qui jouent un rôle important dans le timbre des instruments, la richesse harmonique et la reconnaissance de l’instrument.
Sans ces harmoniques supérieures, il est quasiment impossible de reconnaitre un Stradivarius par exemple dont la richesse harmonique est la qualité essentielle.
Faisons le test avec un CD qui est coupé en-deça et au-delà des fréquences audibles :
Le timbre des instrument est dramatiquement modifié, on perd une bonne partie de la richesse harmonique des instruments, de l’orchestre, de la scène sonore et de son ampleur de sa taille.
Raison pour laquelle je préfère les SACD bien moins compressés que les CD …
Si SONY et PHILIPS ont créé ce format « Super Audio CD », c’est bien un aveu des carences du CD par ceux là même qui l’ont créé…..
Et bien entendu en analogique toute cette richesse est sauvegardée.
Je parle bien entendu des bons vinyles, pas tous les vinyles et bien entendu et surtout des concerts de RADIO FRANCE émis sur la bande FM, qui sont pure merveille !
Tout cela va disparaître (le plus tard possible, espérons) avec le « DAB + » bien mal nommé, car on devrait l’appeler « DAB -« , compte tenu de son niveau de compression destructeur.
Pour en revenir au « deep listening » mes meilleures écoutes sont avec mes amis musiciens, classiques ou jazz. Chacun connait mieux que personne la sonorité de son instrument et de ses voisins.
L’avantage supplémentaire c’est la proximité des autres instruments dans l’orchestre, de leur timbre, de leur tonalité et de leur tessiture.
Individuellement et ensemble car le résultat harmonique de l’ensemble est primordial.
La connaissance de la partition est une aide formidable au « deep listening » car on anticipe et on mesure avec plus d’acuité le réalisme à l’instant T, la dynamique réelle.
Plus encore pour des oeuvres orchestrales importantes avec un grand nombre de lignes mélodiques instrumentales et vocales qui s’entremêlent (Oratorios et Passions de JS BACH) ou des partitions complexes comme celles de BRUCKNER, CHOSTAKOVITCH, MAHLER, etc) la lecture de la partition d’orchestre avec les lignes instrumentales permet d’entrer profondément dans l’oeuvre. C’est ça aussi le « deep listening ».
Les playlist pour les sessions de « deep listening »
Pour nos écoutes, avec mon complice audiophile Fabrice, nous nous munissons de différents enregistrements que nous connaissons bien, en vinyles choisis, CD, SACD et bien entendu ma playlist digitale sur QOBUZ auxquelles je vous donne accès ici :
A consulter sur ce lien : ICI
Et à écouter sur QOBUZ : là
Chaque type musical avec des enregistrements studio ou publics en live (indispensables pour tester la restitution de l’ambiance de la salle et de son acoustique)
Pour les enregistrements, le type de prise de son (2 voies ou multicanaux) et pour la voix ou le piano particulièrement la proximité ou l’éloignement des micros et la présence ou non de filtres.
Evidemment il y a des différences énormes entre les titres proposés.
Pour exemple, sur un test voix / petite formation de jazz, je propose d’abord Renée OLSTEAD avec un accompagnement contrebasse (cordes pincées), piano, drums, pris en studio où la précision de la voix du positionnement et le comportement en régime transitoire sur les attaque de la voix sont exemplaires. Tout ceci dans l’acoustique hyper amortie d’un prise studio et d’une prise multicanale.
Je propose ensuite Carmen Mc Ray (Magnifique vinyle The Great American Songbook, sa version CD et sa version numérique QOBUZ, avec le même type d’accompagnement piano, contrebasse (à l’archet) et drums, pris en public en club avec une ambiance formidable. Les attaques de la voix sont tout aussi percutantes et l’ampleur de la basse à l’archet est très présente.
On apprécie dans les deux cas ces deux prises, la pureté de la prise studio et l’ambiance haptonomique de la prise en concert.
Sur un test en « big band » le meilleur enregistrement que je connaisse est celui de Michel Legrand (son album « BIG BAND LEGRAND). Incroyable pupitre de cuivres et notamment tous les trombones parmi les plus rares et les plus graves donner une sonorité cuivrée bien réelle.
Le morceau commence par le pupitre des trombones, et en tout premier ceux dont la tessiture est la plus grave. On reconnaît donc les trombone contrebasse, basse et cimbasso en ouverture, sobrement accompagnés d’une basse électrique.
Le grave et d’une ampleur et d’une clarté inouïe le son est parfaitement cuivré et respecte le timbre naturel de chacun des instruments. Interviennent ensuite les autres pupitres de trombones les ténor et les alti en lignes mélodiques de contrechant.
Puis intervient le pupitre des saxos, successivement ténor, alto et les autres cuivres trompettes, bugles, cornet.
C’est un test de timbre, de dynamique et de niveau réel.
On doit écouter au niveau réel, soit avec des peak à 90 db.
La cohérence d’ensemble est stupéfiante car on distingue bien chaque instrument, non pas une masse orchestrale compacte ou touffue. De la dentelle …
Sur les grandes masses orchestrales symphoniques, j’ai une faiblesse pour les symphonies de MAHLER que je fais écouter en vinyle et surtout aussi en SACD avec le merveilleux coffret de Mariss Jansons (BR Klassics).
C’est là que les tests sont les plus difficiles comme aussi sur la Passion selon Saint Jean de Jean Sebastien BACH : L’enchevêtrement des lignes mélodiques des voix et des instruments est d’une grande complexité et l’écoute devient ici décisive. L’harmonie des lignes vocales et instrumentales doit rester limpide, lisible, sans jamais de confusion. Les amplis doivent suivre en demande de courant instantané sur les attaques, les transitoires
Le but du « Deep Listening »
Le but du « deep listening » c’est d’aller le plus loin possible dans l’expérience d’écoute.
Retrouver comme au concert des sensations et des spécificités pas forcément mesurables ni quantifiables :
Expressivité, sensualité, vivacité, emphase, délié, séparation des informations tout en préservant la cohérence l’intelligibilité et l’équilibre harmonique.
Rien de tout cela ne se réduit à une série de 0 et de 1
Un seul but, comme dit en introduction :
Reconstituer chez soi les conditions optimales pouvant donner l’impression la plus réaliste possible du concert, de la présence physique devant soi des interprètes ou de l’orchestre.
Sans altération, sans rien ajouter, sans rien retirer.
On ne doit pas entendre le système, les enceintes, mais seulement la musique.
Les points sur lesquels se matérialisent cette performance se qualifient comme suit :
- En timbre, car chaque instrument mais aussi la voix a son timbre propre qui doit être identique à celui entendu en concert ou en studio
- En régime transitoire, c’est à dire sur les attaques. Le moment ou le doigt touche le clavier, où le marteau touche (piano) ou pince (clavecin) la corde. Cette attaque doit être franche, nette, propre, sans écho. Encore plus avec des cuivres dans un orchestre de jazz
- En niveau sonore. Une application gratuite du iPhone permet d’avoir un sonomètre permettant de mesurer le niveau sonore au concert puis chez soi. On est souvent étonné de ce niveau, parfois autour de 90 db, voire plus
- En dynamique générale, c’est à dire que, suivant la partition, les écarts de niveau entre forte ou tuttis d’orchestre et le faible niveau d’un soliste
- En cohérence harmonique, tous les instruments ensemble doivent être entendus comme autant d’intervenants. Le résultat cohérent sur le plan harmonique en fera une écoute distinctive et agréable, non pas un magma
- En image, chaque instrument doit être à sa place dans les 3 dimensions de la scène sonore, de gauche à droite, le devant à l’arrière de l’orchestre, puis des choeurs à l’arrière. On doit, les yeux fermés reconnaitre chaque instrument non seulement par son type, mais par sa p)lace précise dans l’orchestre. Les cordes, les bois, les cuivres, les percussions et parfois l’orgue et les choeurs créent une scène sonore précise grâce à la profondeur de champ
- En perception des détails, le frôlement du crin de l’archet sur la corde, la respiration, les bruits naturels d’un orchestre de musiciens vivants. Les coups de baguette du chef sur le lutrin ou les râles de Keith Jarret quand il exulte.
- En ambiance de concert, il faut ressentir cette ambiance sonore particulière de la Philharmonie, de Gaveau, du Palais Garnier, du Bal Bolet ou du New Morning. Cette sonorité bien propre souvent calculée avec soin par les meilleurs cabinets d’acoustique mondiaux (Philharmonie de Paris de de Hambourg) avec des temps de réverbération, des jeux de panneaux absorbants / réfléchissants étudiés, des conopées réglables selon la taille de l’orchestre.
Ce que nous exprimons, en tant que musiciens, c’est en revanche quelque chose qui est nié par les ingénieurs, les techniciens ultra de tous les bords :
- Ce qui se passe entre les notes !
En effet, une partition à la main et de l’autre le sonomètre et les appareils de musique les plus sophistiqués, il n’y a strictement rien.
Mais en fait il y a tout !
Et cela ne sera jamais transcrit dans une série de 0 et de 1 : c’est l’émotion ressentie
Ou, comme rappelé plus haut, expressivité, sensualité, vivacité, emphase, délié, séparation des informations tout en préservant la cohérence l’intelligibilité et l’équilibre harmonique
Cette émotion est souvent grandement gommée par les interventions numériques dans les maillons du système.
Personnellement, audiophile convaincu des vertus du circuit le plus court et le traitement le plus analogique, j’ai souvent constaté que tout apport numérique pour corriger le signal ou les imperfections de la salle était un destructeur émotionnel.
Pas convaincu ?
By-passez, faites des tests A/B !
Pendant les sessions d’écoutes, il faut tâcher de conduire l’auditoire à l’attention de ces différents points, pour leur faire mesure par eux-mêmes la capacité fidélité de reproduction du matériel.
Les playlist variées donnent un choix varié pour tester tous ces points.
Les sources pour une expérience complète du « Deep listening »
Sur base des playlist que je propose, elles seront diffusées :
- Sur des vinyles choisis. Non pas de « disques de démonstration » mais bien de vinyles du commerce, soigneusement choisis pour leur qualités (prise de son, marketing, pressage, notamment).
- Sur des SACD
- Sur des CD
- Sur la plateforme QOBUZ (Playlist High End Days par Jean-Marie HUBERT)
Je propose aussi des écoutes aveugles en commutation A/B du même enregistrement en vinyle et en numérique.
Cela évite les longes débats de techniciens ou d’ingénieurs sur lequel a le « meilleur son », ce qui est un propos abscons car le son ne doit pas être bon ni mauvais, mais juste fidèle à la réalité.
Une parenthèse vinyle :
Si ce dernier est issu du même fichier que celui qui sert au CD, c’est inutile.
Le vinyle nécessite un mastering différent et bien plus qualitatif, directement issu des bandes analogiques de la prise de son. C’est toute la succession de la prise de son (quels micros ?) au mixage (quel ingéson ?), au mastering, à la gravure, à la matrice métal, à la pâte, sa pureté (éviter les disques en couleurs pleins de pigments), son grammage et finalement le pressage (MPO a les meilleures presses en France).
Puis si vous avez un des 100 premiers pressages, c’est top . Au-delà de 1000, cela devient nettement moins bon car la matrice s’use à chaque pressage.
Bien entendu les vinyles d’avant la période CD sont souvent les meilleurs.
Ayant été durant de nombreuses années l’importateur de MOBILE FIDELITY, PROPRIUS, OPUS 3 et autres labels de qualité, j’ai pu visiter les installations de mastering, de gravure et de pressage et aussi souvent échanger avec les ingéson et les musiciens qui souvent assistent à l’élaboration de leur album.
Le matériel
Premier pré-requis :
La qualité finale du système donc de la reproduction sera limitée à la qualité de l’élément le plus faible.
Donc inutile d’associer un élément hyper performant à une chaine moyenne : Le résultat restera moyen.
Commencer par chercher l’enceinte idéale, on verra la suite en conséquence !
Choisir des matériels à conception high end audiophile, et ce n’est pas forcément une question de prix mais avant tout de conception.
Ce qui différencie un matériel classique d’un matériel audiophile c’est par exemple :
- Autant que possible des éléments séparés, les intégrés et « tout en un » n’apportant que des inconvénients, donc :
- Un Pré-Pré RIAA pour la lecture analogique,
- Un DAC / streamer pour la lecture numérique,
- Préamplificateur (avec alimentation séparées, c’est un +),
- Amplificateur de puissance. Un par canal (mono) c’est encore mieux et avec alimentations séparées, c’est un +++),
- La qualité des composants, sélectionnés pour leur qualité intrinsèque, que ce soit des tubes ou des transistors. Les CI ne sont pas capables de qualité,
- Les circuits les plus courts qui garantira la linéarité du signal. Juste un bouton de volume et un sélecteur d’entrée, pas de balance, pas de réglage de tonalité, encore moins de « loudness » qui apporte de la coloration un relèvement de la courbe Fletcher Munson
- Pas de circuits de correction, numérique du type DSP ou autre qui modifie le signal,
- Des conceptions double mono : Chaque canal est indépendant avec son cricuit propre et ses alimentations dédiées,
- Des alimentations et des transformateurs sur-dimensionnés, afin de garantir une écoute sans distorsion quelle que soit le besoin de courant sur les transitoires
- Des alimentations secondaires à chaque étage
- Des chassis rigides et lourds pour assurer une parfaite inertie mécanique avec l’exterieur
- Pas de wifi ni aucune connectivité intégrée qui occasionne des champs magnétiques
- Des câbles performants et neutres connecteurs assurant un bon contact (en or ils évitent l’oxydation naturelle)
- Etc
J’aime bien illustrer mon propos avec des anecdotes :
Quand j’étais revendeur, je fus le tout premier et le seul pendant 1 an à commercialiser la marque NAD. Il fallait démonter par l’écoute la supériorité évidente des NAD par rapport au mass market, aux marques mainstream de l’époque, AKAI, SONY, PIONEER.
Une fois l’écoute concluante, je prenais un ampli classique et le donnais à sous-peser à mes clients.
Holà, c’est bien léger ! … oui un CI ça ne pèse rien et les transfos de pacotille non plus.
Puis je leur faisais sous-peser un NAD. : Houlà, c’est lourd !
Oui et de leur donner la liste ci-dessus à méditer : Alimentations, transfos, circuits main, chassis, tout ça, c’est avant tout du poids !
Pour ce qui me concerne, à titre d’exemple, j’utilise 4 systèmes de référence :
Grand système A (Electrostatique hybride) :
Pièce de 9m x 18 m, point d’écoute idéal à 6 m des enceintes, écartement des enceintes 5 m
- 2 Enceintes MARTIN LOGAN modèle QUEST (et également une paire de ReQUEST, plus récente)
- Sub MARTIN LOGAN « DESCENT » (indispensable compte tenu de la taille de la salle
- Sources
- Platine vinyle EAT C Major
- Cellule MM SUMIKO OYSTER
- Lecteur CD / SACD MAGNETAR UDP 900
- Lecteur réseau EVERSOLO DMP A 10
- Tuner LUXMAN T1 (avec antenne parabolique)
- Electronique
- Pré pré RIAA MUSICAL FIDELITY NuVista VINYL
- Décodeur MQA CD SMSL RAW DAC 1
- Préamplificateur à alimentation séparée MUSICAL FIDELITY NuVista PRE
- Amplificateur de puissance MUSICAL FIDELITY NuVista PAS
- Filtre secteur TAGA HARMONY
- Câbles HP REAL CABLE Chambord
Grand système B (Electrodynamique) :
- 2 enceintes FOCAL 1028 Be
- Sources
- Platine vinyle PRO-JECT
- Cellule ORTOFON Blue
- Lecteur CD / SACD MARANTZ SA 12
- Lecteur réseau EVERSOLO DMP A 6
- Lecteur MAGNETAR UDP 800
- Tuner MARANTZ
- Electronique
- Préamplificateur ROTEL
- Amplificateur de puissance ROTEL
- Câbles MONSTER CABLE et NORSTONE
Moyen système C (Electrodynamique / biampli) :
- 2 Enceintes ROGERS LS 3/5A (Medium / aigu)
- 2 Sub SYMMETRY (Grave avec coupure 70 Hz
- Sources
- Platine vinyle KENWOOD KD 1
- Cellule DYNAVECTOR
- Lecteur CD PIONEER PDP 101
- Lecteur réseau EVERSOLO DMP A 8
- Electroniques
- Préamplificateur ADVANCE PARIS
- Filtres NAKAMICHI
- 2 amplificateurs de puissance CARVER (800w RMS) pour le haut
- 1 amplificateur de puissance MosFet ONKYO pour le bas
Petit système D (Electrodynamique) :
- Enceintes ATOHM GT 1
- Sources
- Platine PRO JECT
- Lecteur CD SACD OPPO
- Electronique
- Ampli-Préampli intégré ANTHEM
- Cables MONSTER CABLE
Petit système E (Electrodynamique) :
- Enceintes TRIANGLE MAGELLAN
- Sources
- Platine PRO-JECT
- Cellule ORTOFON Red
- Electronique
- Prépré RIAA PRO-JECT
- Préamplificateur ADVANCE PARIS
- Amplificateurs de puissance ADVANCE PARIS
Le bon couplage
Le bon couplage, c’est en effet le point le plus important.
Pas simplement un très bon ampli avec une très bonne enceinte et même si techniquement les caractéristiques, notamment en puissance et en impédance sont accordées.
La meilleure enceinte peut être complètement ruinée par un mauvais couplage avec une électronique, ou inversement devenir inoubliable avec une électronique qui va l’emmener au plus haut des cieux !
M’étant un peu spécialisé sur les électrostatiques depuis toujours (mes anciennes QUAD sont toujours une référence), j’ai pu constater que le couplage faisait presque tout.
Mes QUAD ESL à l’époque avec un AMPLITON 500 ( à tubes) couplé à un préamplificateur AGI. La douceur et la musicalité du tube avec la précision et la pêche du transistor.
Sur le couplage de technologies il y a pas mal de choses à dire.
S’agissant des enceintes acoustiques, cela fait longtemps que je me suis converti à l’électrostatique hybride et ce pour une raison simple :
L’électrostatique est le traducteur le plus précis, le plus performant, le plus rapide dans la reproduction du médium et de l’aigu mais pêche un peu dans le grave.
Les modèles hybrides avec un haut parleur de grave electrodynamique résolvent ce problème.
On évite ainsi l’effet de coffret des enceintes électrodynamiques classiques.
le son ne sort pas d’une boite, d’un coffret.
Outre cela la scène sonore est infiniment plus proche de la réalité car la superficie d’émission des haut parleurs classiques est limité par leur dimension. En revanche dans le cas de panneaux électrostatiques la superficie d’émission c’est toute la superficie du panneau.
Cela donne une scène sonore vaste très proche de la réalité du concert.
Les membranes étant à la fois tendues mécaniquement sur leur cadre et élever-ctriquement par une THT, le signal est limpide transparent, propre et sec.
S’agissant des électroniques, je suis également fan de l’hybridation.
Pour les mêmes raisons.
Le transistor est idéal pour délivrer de la puissance (du courant) et donc participer à la reproduction sonore par la puissance, la propreté en régime transitoire et une définition chirurgicale.
Le tube quand à lui est inégalable en termes de douceur, de chaleur, de réalisme des timbres sur la voix notamment, les cordes et les ambiances.
Ici les NuVista, hybrides tubes / transistors, sur lesquels on peut voir rougeoyer les tubes Nuvistor en chauffe.
(Ils passent en bleu dès qu’ils sont en température d’écoute)
Ce sont des tubes professionnels, notamment utilisés par les armées pour les équipements de pointe.
Poursuivant mes écoutes pour trouver les meilleurs couplages avec les ESL, je suis allé faire d’excellentes écoutes chez Audiosynthèse à Paris qui a une bonne partie de la gamme ESL.
Le couplage avec les électroniques LINN fonctionne bien, mais je pense qu’il est possible de faire mieux.
Je l’ai encore constaté cette année dans les différentes présentations aux High End Days ou au Paris Audio Video Show.
On a voulu ré-essayer le couplage Mc Intosh / Martin Logan, pour une fois de plus être sûr, connaissant les parfaites qualités des deux produits :
Ce fut décevant, même avec les blocs de puissance MC 830 mono (330 w), les ESL 15 restent « éteintes » bien que la puissance et les caractéristiques sur le papier soient là.
Mais avec les MICHI, soudain la lumière : Les ESL se sont effacées devant la musique avec un réalisme parfait, le couplage est incroyable, la musique prend vie avec tous ses aspects, timbres, dynamique, scène sonore …
Il suffit dès lors de choisir dans la gamme MICHI, celle qui sera la plus adaptée à l’ESL choisie.
Pour exemple de tests réalisés sur les MARTIN LOGAN nous avons pu déterminer que les NEOLITH fonctionnent à merveille avec les électroniques MUSICAL FIDELITY NuVista PRE et 2 amplis PAM (High End Days de Champigny sur Marne en septembre 2025)
C’est d’ailleurs le couplage que j’utilise moi même sur mon système de référence.
D’après nos confrères Canadiens les MOON 888 utilisés cette année au salon de Montreal sont tout aussi performants.
Quand au constructeur, il préconise les PASS Labs. A tester …
Pour avoir essayé les MICHI (Blocs mono) ils sont un peu justes sur les NEOLITH (PAVS 2025) essentiellement en raison de la taille de la salle, mais absolument parfaits sur les ESL 15 Renaissance (High End Days Strasbourg, mars 2016)
Système composé d’ESL 15 MARTIN LOGAN, d’électroniques MICHI avec en source une platine TRANSROTOR Set One et un lecteur réseau EVERSOLO AMP 8

Autre excellente combinaison pour les ESL 15, 12, 11 les MUSICAL FIDELITY NuVista 800 et 600.
Bien entendu il y certainement beaucoup d’autres couplages heureux avec d’autres marques.
Aujourd’hui la modernité des produits disponibles créent un fossé avec les anciennes technologies.
La formidable modernité des électroniques actuelles chez MUSICAL FIDELITY, D’AGOSTINO, SOULUTION, ESOTERIC ont fait évoluer l’écoute par rapports aux circuits classiques qui furent les références des fondateurs de la haute fidélité comme Mc Intosh, Accuphase.
Il faut « entrer » dans la conception de ces appareils pour comprendre cette énorme apport à l’écoute
Pour les enceintes électro-dynamiques les nouvelle références sont indubitablement les MAGICO ou WILSON AUDIO dont la modernité de conception et l’extrême technicité imposent.
Pour ne pas paraitre trip élitiste prenons un exemple sur du matériel de prix très accessible.
Vous n’avez que 2000 euros à dépenser dans un système ? Misez tout sur un couplage parfait !
Preuve à l’appui :
Une paire de SONUS FABER Lumina 1, un préampli / ampli intégré REGA IO (Alternativement pour quelques € de plus, un MUSICAL FIDELITY A 1, un ATOLL ou un NAD) / une platine REGA ou Project début 2. En source numérique un BLUESOUND NODE.
Et là le couplage fait tout !
C’est en tout cas moins cher et nettement meilleur que des enceintes connectées à ce prix.
Methodologie
Il y a bien évidemment différents degrés de pénétrations selon sa connaissance et sa maîtrise de l’œuvre enregistrée que ce soit du classique, du jazz ou toute autre musique.
C’est la raison pour laquelle nous procédons généralement dans une première évaluation avec des œuvres, des morceaux ou Concerts, dans notre mémoire, auditive à conserver la pression mémorielle du live
À partir du moment où on s’est constitué une bibliothèque, mémorial auditive de différentes œuvres de différents interprètes de leurs interprétations, on s’est reconnaître Rostropovitch dès le premier coup d’archet tout comme le timbre très particulier de Chet Baker Miles Davis ou Ibrahim Maalouf
Les sonorités et les timbres bien typé, de leur trompette, de leur cornet ou de leur bugle.
Reconnaître aussi l’acoustique des salles dont certaines ont une typologie acoustique et un ton réverbération tout à fait caractéristique
Pour ceux encore plus performant dans cet exercice de Deep Listening, qui connaissent les partitions et encore plus elle est partition du chef d’orchestre, ils peuvent suivre la ligne mélodique de chaque instrument dans l’orchestre, quelque soit la taille de l’orchestre et des chœurs
On voit sur cette partition du chef d’orchestre les lignes correspondant à chaque instrument.
C’est de manière aussi lisible qu’il faudra entendre chaque ligne mélodique de manière précise, identifiée en timbre et localisée dans l’espace orchestral.
Il ne faut jamais ressentir la moindre impression de fouillis, de magma.
Quand on attend la note dans une partition, on a une concentration d’écoute, et on arrive à l’isoler du reste de l’orchestre pour en juger de son positionnement dans l’orchestre, son niveau sonore et son timbre
La salle d’écoute pour le « Deep Listening »
Au départ, la salle doit être adaptée à la démonstration et les éléments à tester en adéquation de taille et volume.
Une enceinte au format bookshelf dans une petite pièce, une colonne monumentale dans la taille de pièce pour laquelle elle a tété conçue.
Corriger les défauts acoustiques de manière domestique simple : Canapé, tapis, rideaux, etc ou de manière professionnelle (panneaux acoustiques pour régler absorption / réflexion, pièges à basses fréquences)
Selon le but de l’écoute, que ce soit des enceintes, des électroniques, des sources, une seule règle :
La compatibilité, plus encore la cohérence entre les éléments.
Bien entendu il y a les caractéristiques techniques comme la puissance (admissible pour l’enceinte et délivrée pour l’amplificateur), ou l’impédance des haut parleurs (de charge pour l’amplificateur).
Sur ce point il faut s’assurer d’une bonne moyenne en utilisation continue et d’une bonne réserve pour le fonctionnement en régime transitoire.
Si une enceinte est donnée pour 100w de puissance admissible sous 8 ohms, un ampli délivrant 200w RMS sous 8 ohms pourra assurer une bonne réserve de puissance instantanée et il faudra en faire une utilisation mesurée.
Si en revanche le système sera utilisé par toute la famille, il vaudra mieux respecter les consignes du fabricant.
Mais il y a une multitude d’autres caractéristiques moins évidentes car non mesurables qui sont absolument fondamentales.
La performance du couplage, en-dehors des notions de puissance ou d’impédance est manifeste.
La méthode d’essais et d’erreurs semble aujourd’hui le seul test valable.
Quand j’étais revendeur high end, je passais mes journées à tester et j’étais devenu une sorte de laboratoire où j’ai vu défiler le monde de l’audio.
Quand Jacques MAHUL (Fondateur de FOCAL) alors ingénieur chez AUDAX réalisa sa première enceinte JM Lao (DB 13 je crois ?) nous avons passé quelques heures à écouter avec différentes électroniques pour trouver un couplage parfait, celui qui allait faire s’envoler cette petite enceinte à l’avenir prometteur. A l’époque dans mes magasins parisiens (AUDIOSYSTEMS et L’EOLIENNE) j’avais le plus grand choix de matériel de France en écoute et les grands enseignes comme FNAC n’existaient pas encore…
Conclusion
A mes débuts dans ce métier à l’ouverture de mon premier et seul magasin High End à Paris (AUDIOSYSTEMS en 1973) j’utilisais comme base-line dans mes publicités dans la Revue du Son ou L’Audiophile :
« Mon métier, l’écoute »
Pour inviter les clients à choisir leur chaine non sur des étagères mais à l’écoute.
Je n’ai pas changé
Je vous invite à participer à nos séances d’écoute « DETOX » avec des musiques et des interprètes choisis, des playlist choisies, du matériel au top et surtout une ouverture d’esprit totalement libre de toute influence commerciale.
Mon complice depuis près de 50 ans Fabrice m’y accompagne aussi souvent que possible avec ces divins vinyles et son oreille affûtée
A bientôt !















